Clap de fin?

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Il fait si chaud, que tu n’arrêtes pas de fixer la fenêtre, espérant qu’un courant d’air glacé la fasse voler en éclat et inonde toute la salle d’une onde rafraîchissante. Il t’a convoquée comme pour un entretien d’embauche, et tu te sens telle une candidate, nerveuse, un brin trop bien habillée pour un simple café informel.

Vous êtes arrivés en même temps, et cette soudaine synchronisation des montres a le don de t’angoisser d’autant plus que cela ne s’était jamais produit. La bise qu’il fiche sur ta joue accroît ta détresse.

Il prononce des mots interdits, qui contredisent l’harmonie dans laquelle tu t’insérais jusqu’alors. Tu songes à tous ces instants étirés, à ces petits-déjeuners que vous ne prendrez plus ici, sur le pouce, à ces fous rires silencieux, dans la torpeur d’une soirée interminable. A cette anecdote, que tu voulais lui narrer, mais qu’il n’aura plus envie d’entendre. Ces amis communs qui choisiront, et s’évaporeront.

Est-ce l’étiquette de ta robe qui, en te labourant l’omoplate, te protège de l’impact de ses mots? Tu ne supportes pas ces bouts de tissus rêches qui, en se focalisant sur un interstice de peau, à présent t’empêchent d’être vraiment actrice de ta rupture.

Tu le regardes.

L’air calme, mais tapant frénétiquement le zinc du doigt. Est-ce qu’il a chaud, lui aussi? Il semble que le temps passé ensemble se soit réduit à cette minute précise. Tu aimerais enlacer ses doigts entre les tiens, l’entraîner vers la sortie, loin de toute cette sentimentalité capricieuse qui empêche les cœurs pressés de s’unir à l’envi.

Lorsqu’il se lève, tu comprends soudain que c’est vraiment fini, parce qu’il s’excuse, il remercie aussi, beaucoup trop, pour des instants qui ne méritent aucune congratulation, sinon la gratitude de les avoir traversés ensemble. Jamais il ne t’a paru si sincère et, sur un malentendu, un donut, un cataclysme météorologique et un sourire, tu pourrais presque lui donner une seconde chance, le bel idiot.

Il te serre contre sa poitrine, et tu t’écrases contre le bitume comme un cornet de glace vanille-citron. Sur l’arête de son nez, une goutte de sel, de musc, de regrets. Vous vous toisez, à nouveaux des inconnus.

Tandis que tu t’éloignes, tu ne peux t’empêcher d’entendre le chahut des feuilles mortes sous tes pieds, les rires lointains, et toute cette lumière, qui souffle, déjà, sur les nuages…

… c’est à ce moment précis que tu te réveilles…

 

 

 

 

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