Un mot après l’autre

flocons

Je me suis levée, un matin, et j’ai su que je l’aimais. Je l’avais vu, hier encore, échanger avec une foule immense. Il souriait à l’infini, et l’infini lui répondait de ses bras tendus vers le ciel.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai su que nulle part ailleurs, je n’avais encore rencontré son pareil. Son pareil n’existe que dans mon imaginaire, mais mes lacunes me ramènent à sa réalité.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai senti que l’air n’avait pas la même odeur, et que mes mains n’avaient plus de prise sur mon avenir. J »ai regardé par la fenêtre. Dehors, il y avait des échos de son rire, sur toutes les murailles.

Je me suis levée, ce matin, et l’aurore ne flattait plus mon visage comme à l’accoutumée. Il y avait un brûlant signe légendaire sur les nuages, et j’ai espéré de toutes mes forces guérir de ce mal écarlate vite, vite !

Je me suis levée, ce matin, et j’ai eu envie de fleurs avec toi, de cris avec toi, de lune avec toi, de mystères avec toi. J’ai ri d’être aussi fébrile. S’éteindre faute de toi semble soudain une certitude parfaite.

Je me suis levée, ce matin, et la rosée m’a murmuré une drôle de sérénade à ton attention. La nature avait alors le reflet de tes yeux, et mon dernier songe tentait encore de refermer mes paupières sur ton sourire.

Je me suis levée, ce matin, et le silence m’a rappelé ta main sur la mienne, ta peau, si proche, ton cœur jamais : je n’ai pas eu la force de le soutenir.

Je me suis levée, ce matin, et, comme tous les autres matins, je rassemblerai mes forces, et j’irai jusqu’au pas de ta porte, tout près de ta table, à côté de ton instrument, contre ta joue. Il n’y aura aucune parole ni révélation : la confidence se niche déjà dans mon regard. Tu ne la verras pas, et je me disperserai toute entière aux quatre vents, pétale par pétale.

J’ai ouvert toutes les portes, toutes les fenêtres : ne se sont échappées que les larmes grises. Reste mon amour silencieux, mains en entonnoir pour te siffloter une valse muette.

Je me suis levée, ce matin, et mon âme un peu simple, un peu bancale a su. Toi ?

Hauts les cœurs !

Photo@Flocons de neige (vers 1902), par Wilson Alwyn « Snowflake » Bentley

Ps: On vote, on vote, on vote!
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